L'enfer c'est les autres ...

Publié le par Al Sylve

Avant de commencer mon histoire, juste trois mots ubuesques : La mère Ubu a du acheter une ceinture neuve pour son fils. Sur la ceinture à remplacer il est écrit 110. Au cas où, car elle est prudente, elle rentre avec une ceinture 115. Et bien vous le croirez ou non, la ceinture neuve est trop petite ! La mère Ubu s’énerve et prend son mètre de couturière. Résultat des courses : la vieille ceinture mesure 120 cms au lieu des 110 indiqués, la nouvelle mesure 110 au lieu de 115 ! (et elles ont été achetés dans deux bleds différents et dans deux magasins distincts). On se demande vraiment pourquoi user temps et argent à écrire les longueurs !! Parole de mère Ubu.

Aujourd’hui la mère Ubu va dire du mal de ses compatriotes, elle est allée pêcher dans ses souvenirs, et va vous raconter une histoire parisienne :

Une collègue de travail de la mère Ubu avait acheté un appartement dans Paris. Les collègues, c’est comme la famille, on ne peut pas dire qu’on les choisit vraiment. Ils sont là et il faut faire avec. C’était il y a vingt ans, mais le mètre carré parisien n’était déjà pas vraiment donné et coûtait, dans cet arrondissement, aux environs de 20.000 francs (3000 euros).

L’appartement en question, au premier étage, avait une fenêtre qui donnait directement sur le toit en terrasse d’une maisonnette en cour intérieure. Quelle idée germa donc chez la collègue ? Vous avez devinez j’en suis sûre : Pourquoi pas transformer la fenêtre en porte-fenêtre et avoir une terrasse à disposition. Sympa non ? Sauf que le toit n’appartenait pas à ma collègue mais aux voisins du RdC. Pas de problème, il suffisait de demander aux voisins s’ils ne voyaient pas d’inconvénients à ce que ma collègue jouisse de leur toit.

La mère Ubu est plutôt censée dans ses habitudes, parfois limite conventionnelle, voire traditionnelle ; elle aime le changement certes, elle a habité bien une quinzaine d’appartements différents, mais elle n’aime pas les changements dans ce qui touche à la rationalité … ah ça non ! Plutôt mourir ! Bref, la mère Ubu demande à sa collègue comment elle va s’y prendre, à combien elle a évalué la terrasse et ce qu’elle offre à ses voisins en échange d’un accès permanent au toit. Bien sûr, entre elle-même et elle-même la mère Ubu se dit qu’elle, si elle était les voisins, elle refuserait qu’on vienne lui marcher sur la tête, faire des fêtes sur son toit, y rigoler jusqu’à trois du matin en été en buvant un coup avec des amis, jeter des mégots de cigarettes qui retomberaient juste devant sa porte … mais elle n’est pas les voisins et à dire la vérité la mère Ubu s’en bat bien le coquillard de toutes ces histoires d’appartement de sa collègue.

Sauf que il faut bien rigoler un peu et ne pas trop se gêner à raconter les défauts des autres, un peu de gossip, ça ne fait pas de mal, ça pourrait même faire parfois du bien, je continue donc …

C’est sans trop de surprise, car la mère Ubu connait bien sa collègue, qu’elle s’entend répondre que : Quoi ?, Mais pourquoi je devrais offrir quelque chose ? Mais ils en font rien de leur toit ? En quoi ça les dérangerait ? Franchement je vois pas pourquoi ? De toute façon, ça ne coute rien de demander ! (on parlait quand même d’un toit en terrasse qui devait faire facile vingt m2, soit en divisant par deux le prix du mètre carré, une valeur théorique de trente mille euros).

Un mois après, la mère Ubu curieuse et un peu fouille-merde, demande à sa collègue si elle a parlé aux voisins. Et bien oui, et bien savez-vous, ils ont refusé, vous ne vous l’attendiez pas à celle-là ! Ils n’ont pas voulu donner leur toit à la nouvelle copropriétaire, vraiment des gens « pas sympas, qu’est-ce-que ça pouvait bien leur faire ? » comme me l’a dit ma collègue.

Le pire dans tout ça, c’est que dans la situation opposée, la mère Ubu sait très bien comment sa collègue aurait qualifié des nouveaux voisins, complètement inconnus, prétendants à son propre toit : mais vraiment les gens sont gonflés, c’est pas possible, tu te rends compte, me demander MA terrasse … et si jamais un jour je veux y accéder, creuser un escalier intérieur et en plus, ils ne m’ont rien proposé, pas un centime, avec tous les problèmes que ça risque de poser ! Ah mais les gens rêvent !

En tout cas, de telles personnes d'un égocentrisme frisant la pathologie, heureusement pas trop fréquentes dans l’entourage de la mère Ubu qui s’en éloigne autant qu’elle peut le plus vite possible, provoquent une très grande peur chez elle. Car si le dicton « on voit la paille dans l’œil de l’autre sans voir la poutre dans le sien » est vrai, alors aïe aïe aïe à quoi donc ressemblent les yeux de la mère Ubu ? Glurp.

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vincenzo 26/09/2015 16:08

rester zen? c'est peut-etre la solution.